CLAUDIUS JAMOT

 

FILS DE Joseph Jamot

 

Le 14 mars 1913 à 4 heures de l’après midi après une courte maladie de trois ou quatre jours seulement (pneumonie grippale) mais qui fut précédée d’une période de trois ou quatre mois d’affaiblissement progressif.
Il avait 81 ans et avait eu jusqu’à l’âge de 80 ans une robuste santé et une vieillesse exempte d’infirmités. Il est mort muni des sacrements de l’église et a été enterré à Loyasse dans le caveau de la famille Jamot le 17 mars après un service religieux célébré à l’église St François de Sales.

Un joli discours fut prononcé sur sa tombe par Monsieur CHOMEL, président de la société d’architecture de Lyon.

Messieurs,

 

Au nom de la société académique d’architecture de Lyon, je viens rendre un suprême hommage à ce collègue parfait qui lui était si profondément attaché.
Claudius Jamot avait successivement rempli dans nos rangs, les fonctions de secrétaire adjoint, de secrétaire général et de trésorier de notre société ; fonctions dans lesquelles il avait montré toutes ses qualités de conscience, de bon goût et d’élévation de pensée.
Sa jeunesse avait été studieuse : ancien élève de l’Ecole des Beaux Arts, il fut longtemps attaché au cabinet de Tony Desjardins, architecte de la ville ; pendant vingt ans il supporta, avec son camarade Monsieur Hirsch, tout le poids de la préparation des importants travaux exécutés sous la direction du maître.

Ce fût à un âge déjà mûri par l’expérience, qu’il entreprit des travaux personnels. Pour ne parler que des plus importants, nous citerons le beau couvent de Sainte Claire à Lyon, la charmante chapelle de Bonnant, les églises d’Aboin, de Rivas et de Lésigneux dans la Loire, etc

Mais ce n’est point l’heure de rappeler ici toute son œuvre, une notice complète paraîtra sous peu dans les annales de la société académique, je veux surtout, en face de cette tombe ouverte, évoquer la beauté morale de celui que nous accompagnons.

Il appartenait à cette génération profondément enracinée dans le sol natal, très éprise de ses beautés, qui aimait découvrir, dans les vestiges du passé, les traces de son histoire et les causes de sa grandeur.

Disciple fervent de Viollet-le-duc, il en savait par cœur le dictionnaire et c’était un plaisir pour lui d’en invoquer l’autorité pour comparer et classer ses propres découvertes.

Membre de la commission municipale du vieux Lyon, il y joua un rôle important. A la mort de notre confrère très regretté, Gaspard George, le maire lui en confia la vice présidence.

Ce fut pour lui une très grande joie car il se sentait dans son élément, bien à la hauteur de cette tâche qu’il remplit avec dignité, tant que sa santé le lui permit. Grâce à ses instantes sollicitations la municipalité décida d’acheter l’hôtel de Gadagne pour en faire un musée historique. Il en surveillait les travaux avec passion, car il en considérait l’achèvement comme le couronnement de ses efforts.

Sa promotion à la dignité d’Officier d’Académie vint lui prouver, à son heure, que les pouvoirs publics rendaient hommage à ses mérites !

Comme membre de la société française d’archéologie, il correspondait avec tous les savants de France, et c’était toujours pour lui un beau jour que celui où, le bâton blanc à la main, il partait pour explorer une des belles régions de notre pays, à l’occasion d’un congrès archéologique. Ses comptes-rendus qu’il ne manquait pas de nous adresser, sont des modèles de clarté et d’érudition et nous pouvons dire qu’il nous communiqua ainsi un peu de son enthousiasme pour les vieilles choses !

Grâce à lui, nos concours archéologiques prirent chaque année, de l’importance. Il aimait à en choisir les sujets et à en vivre les jugements. Je dois ajouter qu’il les encourageait discrètement en augmentant la valeur du prix par un don généreux.

Comme les véritables artistes, Jamot avait un idéal très haut du but de la vie. Sa pensée ne s’arrêtait pas aux horizons terrestres : au-delà des voûtes des cathédrales et de leurs clochers à jour, il aimait contempler le ciel ; pour lui, le son des cloches chantait la mystique chanson des grandes espérances !

Elevé dans la foi catholique, il s’y est endormi, comme le juste qui n’a su voir dans la vie que le beau et le bien.

Adieu, mon cher Maître, vous nous laissez en exemple, des vertus dont nous conserverons précieusement le souvenir.
Au nom de la société académique d’architecture de Lyon, je pris la famille de notre cher collègue d’agréer l’hommage de nos sentiments de douloureuse condoléance.

 

 

 

Voir quelques comptes rendus de participation aux congrès par Claudius JAMOT

 

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